08.10.2009

La recolonisation naturelle par les infrastructures humaines

Le caribou, soutenu par ses poils creux et isolants, peut ainsi traverser les lacs du nord du Canada. Alors pourquoi ses cousins rennes ne pourraient-ils pas se rendre en Angleterre ?

 

Si un animal avait l’audace de tenter le voyage par le tunnel sous la manche, une fois le trafic définitivement stoppé, il pourrait bien y parvenir lui aussi. Quant à savoir si un animal osera s’y risquer c’est une toute autre question. Les trois tunnels du Chunnel, un pour l’aller, un pour le retour et un corridor central parallèle aux 2 autres pour la maintenance – sont gainés de béton. Pendant 56km, notre candidat au voyage ne rencontrerait ni eau ni nourriture, rien que la nuit noire. Il n’est toutefois pas impossible qu’une espèce continentale recolonise la Grande Bretagne de cette façon là : la capacité des organismes à prendre pied dans les parties les plus inhospitalières du monde – des lichens retrouvés sur des glaciers en Antarctique jusqu’aux vers marins vivant dans des fissures du fond de l’océan où les températures atteint les 80°C – symbolise peut-être le sens de la vie.

 

A n’en pas douter, dans la mesure où de petites créatures comme les campagnols ou les inévitables surmulots se glissent dans le tunnel, de jeunes loups intrépides iront suivre leur piste.

 

 

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Alan Weisman - Homo Disparitus

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